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Aujourd'hui

La première loyauté d’un chrétien est envers l’Évangile. C’est lui qui est la source de l’eau vive. C’est pourquoi les Baptisé-e-s du Grand Paris tiennent l’Évangile pour leur essentiel. L’Église, elle, est le bassin qui reçoit la source. Dans le livre du prophète Jérémie, Dieu met son peuple en garde : « Ils m’ont abandonné, moi la source de l’eau vive, pour des citernes lézardées qui ne retiennent pas l’eau ». Á chaque génération revient la charge de discerner où se trouve l’eau vive.

L’Église n’est pas un ensemble monolithique. On y trouve d’une part l’institution, humaine, organisée selon une structure particulière, liée au temps et à l’espace. Elle ne se confond pas avec la grande Église dont, par la foi, nous disons qu’elle est le corps du Christ, composé de tous les baptisés et même d’un au-delà que personne ne peut définir. L’institution est souvent tentée de laisser croire qu’elle est, à elle seule, le corps du Christ, ou du moins, qu’elle en est le visage. Les Baptisé-e-s du Grand Paris font pleinement partie de ce grand corps ecclésial. Leur loyauté va d’abord au corps. Au titre de leur baptême, avec des millions d’autres, « ils sont l’Église ». Et leur titre à « en être » n’est pas moindre que celui des prêtres, des évêques et du pape.

Si les Baptisé-e-s du Grand Paris choisissent l’Évangile, c’est parce qu’il leur apporte Jésus, parole de Dieu. Jésus est passé dans le monde faisant le bien, libérant les opprimés, soulageant les affligés, accueillant les exclus. Sa vie est le modèle d’une vie accomplie, si prodigieusement humaine qu’elle en a été déclarée divine. Suivre Jésus, ce n’est pas se couler dans une doctrine, mais c’est choisir un mode de vie et se risquer à une expérience. Jésus invite à une existence qui a du sens, qui se déploie ici et maintenant et qui ouvre à l’amour sans lequel nul ne peut vivre. Il donne la vie en abondance.

L’actualité de l’Évangile est évidente. Si l’institution refuse de changer, elle disparaîtra. Plus de mille-cinq cents ans de monarchie pontificale se sont accompagnés d’un patriarcat absolu. Ce dernier est usé, il rebute les femmes et vide les églises. L’Évangile lui, ne passera pas. La fraternité de Jésus et le regard égalitaire qu’il a posé sur les femmes ne demandent qu’à produire des fruits. Les Baptisé-e-s du Grand Paris se fient à cette Bonne Nouvelle, sans cesse neuve et toujours bonne. Ils savent aussi que le monde aspire à l’entendre et qu’ils devront rendre compte de l’espérance qu’ils portent.

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