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Communiqué. Les baptisé-e-s du Grand Paris ont appris avec inquiétude la décision de Mgr Aupetit ...

Communiqué, 17 février 2021

Les baptisé-e-s du Grand Paris ont appris avec inquiétude la décision de Monseigneur Aupetit de mettre fin à l’existence du Centre pastoral Halles Beaubourg (ou Centre pastoral Saint Merry).

Pour motiver sa décision, Monseigneur Aupetit s’appuie sur deux expériences récentes qui se sont avérées problématiques. Mettre fin à une expérience vitale, à la fois pour la diversité de l’Eglise et pour le bien accompli par les nombreux groupes de soutien et de partage du CPHB est un geste grave. Qui demain, saura accueillir sans condition des divorcés remariés ou des personnes LGBT, qui associera les femmes à des responsabilités pastorales, en particulier de prédication ? Qui saura écouter ces catholiques que l’institution ne veut pas voir ?

Cette décision, non concertée, peu soucieuse du fond, est si surprenante que nous espérons vivement qu’elle sera reconsidérée, en s’appuyant par exemple sur la mission confiée à Elena Lasida et Jean-François Petit.

Depuis 1975, date de création du CPHB, le contexte ecclésial a beaucoup changé, ainsi que la société. Il n’est donc guère étonnant que les diverses expériences datant de ces années soient à repenser. Toutes d’ailleurs se sont éteintes, pour des raisons diverses : la chapelle Saint Bernard, la paroisse Saint Hippolyte, à Paris, Saint Luc à Aix-Marseille. La coresponsabilité voulue par le cardinal Marty, si elle doit se construire, doit l’être sur de nouvelles bases.

Les Baptisé-e-s du Grand Paris demandent que cette crise soit l’occasion d’élargir le cadre de la réflexion, en prenant en compte plusieurs facteurs.

-Tout d’abord, les paroissiens doivent être davantage associés aux décisions prises par l’institution hiérarchique. Il est à peine croyable que, dans des sociétés démocratiques comme les nôtres, la décision de clore l’expérience du CPHB ait été unilatérale. Sans aller jusqu’à espérer qu’à partir de ce simple cas la gouvernance puisse être repensée, nous réaffirmons que les laïcs doivent y être associés par des procédures instituées et pérennes qui ne les traitent pas en éternels mineurs.  

-Ensuite, il nous paraît sage de reconnaître, avec le pape François, que les laïcs « ont besoin de nouvelles formes d’organisation et de célébration de la foi ». Ces nouvelles formes d’organisation doivent s’inventer ensemble, comme le recommande le pape : « Il est illogique, voire impossible de penser que nous, en tant que pasteurs, devrions avoir le monopole des solutions pour les défis multiples que la vie contemporaine nous présente. Au contraire, nous devons être du côté de notre peuple, en l’accompagnant dans ses recherches et en stimulant cette imagination capable de répondre à la problématique actuelle. Et ce, en discernant avec notre peuple et jamais pour notre peuple ou sans notre peuple ».

- Enfin, compte tenu du contexte actuel, la « coresponsabilité » ne peut être efficace si elle se résume à un face à face frontal pour savoir à qui reviendra le pouvoir, surtout en matière liturgique. Les laïcs doivent pouvoir mener leurs propres expériences, quitte à en rendre compte a posteriori. Dire sa foi, comme le recommande le pape, ne signifie pas singer une eucharistie classique, ni mimer le cléricalisme, mais inventer des célébrations signifiantes. Nous demandons donc que l’institution transmette son savoir pastoral et liturgique, et confie des églises à des laïcs afin qu’ils inventent cette « manière actuelle » de dire leur foi que demande le pape. 

Dans cette même Lettre, François déjà le dénonçait : « Sans nous en rendre compte, nous avons généré une élite laïque en croyant que ne sont laïcs engagés que ceux qui travaillent dans les affaires « des prêtres », et nous avons oublié, en le négligeant, le croyant qui bien souvent brûle son espérance dans la lutte quotidienne pour vivre sa foi. Telles sont les situations que le cléricalisme ne peut voir, car il est plus préoccupé par le fait de dominer les espaces que de générer des processus. »

Nous nous associons donc aux nombreuses voix qui demandent de reconsidérer une décision qui favorise le repli et creuse les désaccords. Une bonne gouvernance peut se construire autrement.

Le Bureau des Baptisé-e-s du Grand Paris

contact@baptisesdugrandparis.fr

0681541286

 

 

Extrait de la Lettre au cardinal Marc Ouellet, du pape François, 19 mars 2016, citée ci-dessus

 

« Sans nous en rendre compte, nous avons généré une élite laïque en croyant que ne sont laïcs engagés que ceux qui travaillent dans les affaires « des prêtres », et nous avons oublié, en le négligeant, le croyant qui bien souvent brûle son espérance dans la lutte quotidienne pour vivre sa foi. Telles sont les situations que le cléricalisme ne peut voir, car il est plus préoccupé par le fait de dominer les espaces que de générer des processus. Nous devons par conséquent reconnaître que le laïc, par sa réalité, par son identité, parce qu’il est immergé dans le cœur de la vie sociale, publique et politique, parce qu’il appartient à des formes culturelles qui se génèrent constamment, a besoin de nouvelles formes d’organisation et de célébration de la foi. Les rythmes actuels sont si différents (je ne dis pas meilleurs ou pires) de ceux que l’on vivait il y a trente ans! « Cela demande d’imaginer des espaces de prière et de communion avec des caractéristiques innovantes, plus attirantes et significatives pour les populations urbaines » (Evangelii gaudium, n. 73). Il est illogique, voire impossible de penser que nous, en tant que pasteurs, devrions avoir le monopole des solutions pour les défis multiples que la vie contemporaine nous présente. Au contraire, nous devons être du côté de notre peuple, en l’accompagnant dans ses recherches et en stimulant cette imagination capable de répondre à la problématique actuelle. Et ce, en discernant avec notre peuple et jamais pour notre peuple ou sans notre peuple ».

 

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